05.10.2010
LE LIVRE DE LA NATIVITÉ DE MARIE
NOTE SUR LE TEXTE
La tradition manuscrite du Livre de la nativité de Marie et abondante. Le texte est conservé dans environ cent trente manuscrits, qui se distinguent en deux formes textuelles. La première, la plus originelle et déjà attestée par Fulbert de Chartres, a connu la plus grande diffusion : d'abord sur le territoire français, puis, à partir de là et depuis le XIIe siècle, surtout en Angleterre et en Italie. La seconde forme est le résultat d'une révision plus ou moins discrète de la première : elle consiste essentiellement en des adaptations grammaticales et stylistiques, visant à éclairer le texte et à en faciliter la lecture. Son rayonnement se limita en majeure partie au territoire compris entre le Nord-est de la France et la région rhénano-mosane. En comparaison de la tradition de l'Évangile de l'Enfance du Pseudo-Matthieu, celle du Livre de la nativité de Marie connut un développement assez strict et discipliné. Il n'y a que trois cas où la tradition est très riche en variantes : la présentation du prologue, la description de Joseph comme veuf ayant des fils adolescents (8,I) et la paraphrase des paroles de l'Annonciation (9-5).
Tout comme l'Évangile de l'Enfance du Pseudo-Matthieu, le Livre de la nativité de Marie a exercé une grande influence sur la dévotion mariale. Très tôt, le livre trouva sa place dans les collections de sermons et de légendes, puis dans les lectionnaires, fournissant ainsi les leçons pour la fête de la Nativité de la Vierge. L'ordre dominicain, tout particulièrement, tenait le texte en grande estime :
la réforme liturgique conduite sous l'égide d'Humbert de Romans, au milieu du XIIIe siècle, incorpora une version abrégée du texte dans le lectionnaire officiel de l'ordre ; en outre, notre apocryphe figura dans quelques grandes oeuvres de compilation dominicaines. Étant dépouillé des détails romanesques de la tradition apocryphe, le Livre de la nativité de Marie était moins appelé à stimuler l'imagination d'artistes ou de narrateurs en langues vernaculaires que l'Évangile de l'Enfance du Pseudo-Matthieu. Cependant, on retrouve les premières traces de notre apocryphe en langue vernaculaire chez deux auteurs français du XIIe siècle : le poète normand Wace, qui utilisa le livre pour raconter l'histoire de la nativité de Marie dans son poème intitulé La Conception Nostre Dame ; Herman de Valenciennes, qui l'inséra dans son adaptation de la Bible en vers français intitulée Li Romanz de Dieu et de sa Mère.
La présente traduction repose sur le texte latin édité â partir de vingt manuscrits dans la « Series apocryphorum ». Les éditions antérieures, depuis la première édition, parue probablement en 1468, jusqu'à celle de K. von Tischendorf, ont toutes imprimé la version la plus évoluée de la première forme textuelle. Le texte latin sur lequel se fonde la traduction est cité lorsque le contenu diffère sensiblement de ce qu'on lit dans l'édition de K. von Tischendorf. Nous avons retenu la division traditionnelle du récit en dix chapitres, mais nous avons suivi la division plus détaillée en groupes de phrases qui est adoptée pour la nouvelle édition de la « Series apocryphorum ».
PROLOGUE
Tu me demandes un petit service, léger quant au travail, mais très grave à cause de la précaution à prendre contre l'erreur. Tu désires en effet que je mette par écrit ce que j'aurais pu trouver quelque part au sujet de la nativité de la sainte et très heureuse Vierge Marie jusqu'à son incomparable enfantement et aux premiers débuts du Christ ? chose non point difficile à faire mais, comme j'ai dit, très présomptueuse, à cause du danger qu'elle fait courir à la vérité. En effet, ce que tu exiges de moi, maintenant que ma tête a blanchi, je l'ai lu, sache-le, dans un petit livre qui m'est tombé sous la main quand j'étais un tout jeune homme, et il se peut très bien que, à cause d'un si grand laps de temps et de l'intervention d'autres événements qui ne sont pas légers, l'un ou l'autre détail ait échappé à ma mémoire. Aussi pourra-t-on m'accuser non sans raison, si j'accède à ta demande, d'omettre, d'ajouter ou de changer quelque chose. Si je ne nie pas que cela puisse être le cas, je n'avoue pas que je le fais délibérément. Ainsi, afin de combler tes voeux et de contenter la curiosité des lecteurs, je rappelle à ton intention comme à celle de tout lecteur que le petit livre en question, si j'ai bonne mémoire, avait une préface dont le sens était à peu près le suivant :
Jérôme, aux évêques Chromace et Héliodore.
«Vous me demandez de vous faire savoir ce que je pense d'un petit livre que d'aucuns possèdent sur la nativité de sainte Marie. Sachez donc qu'on y trouve beaucoup, de faussetés. En effet, un certain Seleucus, auteur des Passions des apôtres, a également compose ce petit livre-ci. Mais, de même qu'il a dit vrai au sujet de leurs prodiges et des miracles qu'ils ont effectués, tout en proférant de nombreux mensonges au sujet de leur doctrine, de même il a beaucoup inventé ici de manière non véridique. Aussi m'efforcerai-je de traduire mot à mot, d'après ce qui se trouve en hébreu, puisqu'il est clair que le saint évangéliste Matthieu a compose ce même petit livre et qu'il l'a, ajouté, scellé par des caractères hébraïques, en tête de son Évangile.»
Pour la vérité de cela, je m'en remets à l'auteur de la préface et à la bonne foi de l'écrivain. Personnellement, si je déclare que c'est sujet à doute, je n'affirme pas que ce soit nettement faux. Voilà ce que je dis en toute liberté, et qu'à mon avis aucun fidèle ne niera : que tout cela soit vrai ou inventé par quelqu'un, de grands miracles ont précédé la sainte nativité de sainte Marie et de très grands l'ont suivie, et pour cette raison ceux qui croient que Dieu a pu accomplir cela peuvent les croire et les lire sans danger pour leur âme. Enfin, pour autant que je puisse m'en souvenir, je suivrai le sens et non les mots de l'écrivain. Tantôt je me lancerai sur la même voie sans suivre pour autant les mêmes traces, tantôt je reviendrai sur la même route par quelques détours. Ainsi, je conduirai le fil de la narration de telle façon que je ne dirai rien d'autre que ce qui y a été écrit ou que ce qui, raisonnablement, a pu y être écrit.
15:57 Publié dans Mariologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.08.2010
FAUT-IL ÉTABLIR UN RAPPORT ENTRE LES APPARITIONS DE NOTRE DAME ET LA FIN DU MONDE ?
Nous avons essayé de montrer que l’Apocalypse n’est pas une description des événements qui doivent précéder la fin du monde, mais qu’elle dévoile le sens de l’histoire, que nous soyons au commencement ou à la fin.
15:02 Publié dans Commentaire biblique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le faux prophète venu de l’orient
Texte biblique :
Référence
La Bible de Jérusalem/La Bible des Peuples/ La Bible TOB
11 À ce moment j’ai vu une autre bête qui montait de la terre ; elle avait deux cornes comme celles de l’Agneau, mais elle parlait comme le dragon. 12 Elle est au service de la première bête et dispose de toute son autorité. Elle fait que la terre et ses habitants adorent la première bête qui s’est remise de sa blessure mortelle.
13 Elle fait de grands prodiges ; elle a même fait tomber sur terre le feu du ciel à la vue de tous. 14 C’est ainsi qu’elle égare les habitants de la terre grâce aux prodiges qu’on lui a donné de faire au service de cette bête. Elle dit aux habitants de la terre : « Faites donc une image de cette bête qui a été frappée de l’épée et s’en est remise. »
15 Elle a été capable de donner vie à cette image de la bête. Et voilà que l’image de la bête se met à parler, et elle fait mettre à mort tous ceux qui n’adorent pas l’image de la bête.
16 C’est ainsi que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres ou esclaves, se laissent marquer de la marque de la bête sur leur main droite ou sur le front. 17 Et personne ne peut plus acheter ou vendre s’il n’est pas marqué de la marque de la bête, ou de son nom ou du chiffre de son nom. 18 Si vous êtes intelligents, cherchez un peu et devinez à partir du chiffre de la bête. Son chiffre est celui d’une personne et ce chiffre est 666.
14:46 Publié dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





